
Messageries : le braquage à 200 milliards de dollars qui saigne à blanc l’économie mondiale
Dans un contexte mondial marqué par une instabilité sans précédent dans l’histoire récente, une nouvelle étude de Kaspersky révèle que des réseaux d’escrocs organisés profitent de la crise économique pour dérober des milliards au grand public à travers des arnaques par messagerie.
L’ampleur et le préjudice économique des fraudes par messagerie font pour la première fois l’objet d’une évaluation mondiale, mettant en lumière un phénomène qu’aucun gouvernement ni autorité de régulation n’avait encore quantifié. Les données récentes de Kaspersky mettent en évidence une sombre réalité : ce qui s’apparente à de la fraude quotidienne est en train de devenir un véritable gouffre économique à grande échelle, qui pourrait frapper de manière disproportionnée des ménages déjà fragilisés par la crise mondiale du coût de la vie.
Les escroqueries par messagerie : une menace économique croissante
Les tensions géopolitiques, la hausse de l’inflation, l’incertitude économique et la précarité de l’emploi ont créé un contexte particulièrement propice à la vulnérabilité.
Face à la hausse du coût de la vie, le budget des ménages s’avère de plus en plus restreint, une situation dont tirent parti les réseaux frauduleux. Une étude de Kaspersky révèle que les escrocs dérobent en moyenne 1027€ par victime en France, une somme qui devrait servir pour des dépenses essentielles telles que les courses et les factures d’énergie.
Pour un peu plus d’une victime sur dix (11 %), la situation est encore plus grave, avec des pertes dépassant 1165 €, ce qui aggrave les difficultés financières à un moment où de nombreuses personnes sont déjà confrontées à une extrême précarité.
Si ces pertes peuvent sembler marginales de façon individuelle, elles sont catastrophiques à l’échelle mondiale. Avec 3 milliards d’utilisateurs d’applications de messagerie dans le monde, si seulement 10 % d’entre eux sont touchés, une estimation prudente compte tenu de l’augmentation rapide des arnaques multiplateformes, les pertes mondiales pourraient dépasser les 220 milliards de dollars. Un chiffre équivalent à l’effondrement économique d’un pays de taille intermédiaire.
Pourtant, l’ampleur et la portée réelles des dommages économiques causés par les escroqueries par SMS restent largement méconnues, car seule une faible proportion de victimes signale le délit à la police (24 %) ou à leur banque (32 %), ce qui signifie que de nombreuses pertes ne sont pas prises en compte dans les statistiques officielles sur la criminalité ou l’économie.
Une crise que les gens ont du mal à suivre
Les résultats de l’étude démontrent que les fraudes par messagerie s’intensifient et s’inscrivent dans un passé très récent, la dernière infraction remontant en moyenne à moins de six mois. En France, près d’un cinquième de ces escroqueries (19,2 %) ont eu lieu au cours des cinq derniers mois. Plus préoccupant encore, plus d’un quart des personnes interrogées (26 %) ont été ciblées à trois reprises ou plus, confirmant la transition d’une délinquance opportuniste vers une criminalité industrialisée et récurrente.
Les escroqueries se déroulent désormais sous les yeux des gens
Les fraudes par messagerie ne constituent plus un phénomène marginal sur Internet ; elles s’immiscent désormais au cœur des plateformes de confiance utilisées au quotidien. Par ailleurs, cette menace ne se limite pas aux générations les plus âgées : l’étude met en évidence une répartition quasi homogène des victimes entre la génération Z, les Millennials et la génération X.
En France, les types d’escroqueries par messagerie les plus courants sont les fausses notifications de livraison (45 %), les escroqueries à l’investissement (28 %) et l’usurpation d’identité de marques (26 %). Ces attaques sont délibérément conçues pour imiter des messages légitimes, se fondant ainsi parfaitement dans les interactions numériques quotidiennes. En jouant sur la familiarité, l’urgence et la confiance, les victimes cèdent naïvement leur argent avant même d’avoir eu le temps de s’interroger sur la situation.
L’étude révèle que les Millennials constituent la génération la plus susceptible de se faire piéger par de fausses opportunités financières, un phénomène qui touche 40 % des répondants de cette tranche d’âge. Cette vulnérabilité n’a rien de surprenant car ils sont confrontés à un marché de l’immobilier difficile d’accès et à une sécurité financière plus restreinte que les générations précédentes. Dès lors, les propositions de rendement financier rapide exercent un attrait significatif. En instrumentalisant le désir de stabilité et l’anxiété économique, les escrocs enferment les victimes dans des pièges financiers qui ne font qu’amplifier leurs difficultés matérielles.
Il est urgent de prendre des mesures pour éviter de nouveaux dommages économiques
Les arnaques par messagerie sont devenues un problème macroéconomique, une hémorragie lente et silencieuse de la richesse publique qui fragilise la résilience financière des individus, déstabilise les foyers, érode la confiance dans les systèmes numériques et pèse sur les économies nationales. Il ne s’agit plus seulement d’un problème de cybersécurité, c’est une question de sécurité économique.
Cette étude souligne la nécessité de mener une action continue pour lutter contre ces arnaques. Face à l’évolution de la nature et de l’ampleur de ces escroqueries, Kaspersky encourage vivement les particuliers à adopter des pratiques de sécurité rigoureuses :
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Utiliser une sécurité robuste et en temps réel sur les appareils : installer un logiciel de sécurité complet, qui offre une protection en temps réel contre les liens malveillants et les tentatives de phishing sur les applications et les sites web utilisés au quotidien. Sur mobile, un nouveau niveau de sécurité anti-phishing analyse les liens suspects dès qu’ils apparaissent, y compris au sein des notifications, afin d’identifier les menaces.
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Renforcer la gestion des mots de passe : utiliser un gestionnaire de mots de passe pour stocker les mots de passe en toute sécurité et remplir automatiquement les identifiants sur les sites web, les applications et les appareils.
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Rester informé sur les arnaques numériques : s’informer sur les arnaques par messagerie les plus courantes et les signaux d’alerte.
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Investir dans des outils de sécurité robustes : les entreprises peuvent déployer des outils de surveillance avancés. Ces outils permettent de détecter l’utilisation abusive des marques sur les réseaux sociaux, les places de marché en ligne et certaines parties du dark web, tout en facilitant les enquêtes rapides et les procédures de suppression de contenus.
Méthodologie de l’étude
L’enquête a été réalisée par Censuswide pour le compte de Kaspersky en avril 2026. Elle a permis de recueillir les témoignages de 2 806 victimes d’escroqueries par messagerie âgées de 16 à 61 ans, réparties en Europe (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Serbie), en Amérique du Nord (États-Unis d’Amérique) et en Afrique (Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire).


