Bitdefender alerte sur le manque de visibilité des entreprises face aux usages IA

Bitdefender alerte sur le manque de visibilité des entreprises face aux usages IA

La publication du nouveau rapport 2026 Cybersecurity Assessment de Bitdefender souligne un écart préoccupant entre perception managériale et réalité opérationnelle.

L’adoption rapide de l’intelligence artificielle crée un nouveau défi pour les entreprises. Les outils IA se multiplient dans les usages quotidiens, parfois sans validation préalable des équipes IT ou sécurité. Ce phénomène de shadow AI, complique la protection des données sensibles et l’évaluation réelle des risques.

Dans ce nouveau rapport, Bitdefender constate que près de la moitié des organisations ne disposent pas d’une visibilité complète sur l’usage des outils d’IA par leurs collaborateurs. Si 51,8 % des répondants déclarent avoir une visibilité complète sur les usages autorisés et non autorisés, 47,4 % reconnaissent n’avoir qu’une visibilité partielle, voire aucune visibilité, sur les outils d’IA fantôme ou les comptes personnels utilisés à des fins professionnelles. Le rapport met aussi en avant un décalage entre managers et praticiens. 57,8 % des managers estiment disposer d’une visibilité complète, contre seulement 45,9 % des praticiens. À l’inverse, 4,5 % des praticiens déclarent n’avoir aucune visibilité, contre 0,5 % des managers. Cette différence suggère que les directions pourraient sous-estimer l’exposition réelle de leur organisation.

Cette question devient centrale à mesure que les collaborateurs utilisent des outils IA publics pour gagner du temps, produire des contenus, analyser des informations ou automatiser certaines tâches. Lorsque ces usages échappent aux cadres définis par l’entreprise, ils peuvent entraîner des fuites de données, une perte de contrôle sur les informations partagées ou des risques de conformité. Bitdefender observe aussi que les systèmes IA internes et les grands modèles de langage figurent désormais parmi les environnements les plus sensibles pour les professionnels de la cybersécurité. 45 % des répondants les citent comme leur principale préoccupation, devant les infrastructures cloud et les environnements applicatifs, mentionnés par 44 % des répondants. Les systèmes de gestion des identités et des accès arrivent ensuite, à 33,3 %.

Cette hiérarchie montre que l’IA n’est plus seulement perçue comme un sujet d’innovation ou de productivité. Elle devient un actif critique à sécuriser, au même titre que le cloud, les applications métiers ou les identités. Pourtant, Bitdefender relève un paradoxe important. Alors même que les systèmes IA sont considérés comme une priorité, 20,4 % des répondants estiment que le risque de fuite de données sensibles dans des LLM publics est faible ou très faible.

Ce décalage entre perception et exposition réelle illustre la difficulté des entreprises à encadrer des usages qui évoluent plus vite que leurs politiques de sécurité. Il ne s’agit plus seulement de bloquer certains outils, mais de gouverner l’adoption de l’IA, d’identifier les usages à risque et d’assurer une protection cohérente des données. « L’expansion de la surface d’attaque, la prolifération rapide des menaces alimentées par l’IA et les pressions opérationnelles persistantes obligent les organisations à repenser en profondeur leur approche de la sécurité », déclare Andrei Florescu, President and General Manager de Bitdefender Business Solutions Group.

Pour les entreprises, le défi consiste désormais à trouver un équilibre entre adoption de l’IA et maîtrise du risque. La prochaine étape de la cybersécurité ne reposera pas uniquement sur la détection des attaques, mais aussi sur la capacité à comprendre comment l’IA est utilisée en interne, par qui, avec quelles données et dans quelles conditions.

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