
Cyberattaques dopées à l’IA : Stoïk enregistre +60 % d’incidents en septembre
Le cyber-assureur spécialiste des ETI constate une accélération nette des attaques automatisées par l’IA. Pour Vincent Nguyen, Directeur de la Cybersécurité de Stoïk, la riposte passe par une défense elle aussi alimentée par l’IA, sans jamais se passer de l’expertise humaine.
Plus de 200 incidents cyber traités en un seul mois : c’est le bilan de septembre chez Stoïk, soit une hausse de 60 % par rapport aux mois précédant l’été. Cette poussée, portée en grande partie par les attaques de compromission de messagerie professionnelle (BEC), confirme une tendance de fond : la fréquence des sinistres sur le portefeuille de l’assureur est passée de 4,34 % en 2024 à 10,56 % en 2025.
« Les entreprises sont attaquées plus souvent, mais le coût moyen par incident reste stable pour l’instant », précise Vincent Nguyen, Directeur de la Cybersécurité de Stoïk. « Ce qui a changé, c’est l’échelle. L’IA a abaissé les barrières techniques et financières à l’entrée : même des attaquants peu expérimentés peuvent désormais opérer à grande échelle. »
L’e-mail, premier vecteur de sinistres
Fraude, phishing et BEC ont représenté 60 % des sinistres traités par Stoïk en 2025, et l’e-mail était le vecteur d’attaque dans 98 % des cas de fraude. Les messages sont sans faute, adaptés à la langue locale et personnalisés à partir d’informations publiques pour imiter un collègue ou un fournisseur de confiance. Résultat : une campagne de phishing convaincante se monte en cinq minutes, contre 16 heures manuellement.
Les équipes de Stoïk observent trois usages principaux de l’IA par les attaquants : l’automatisation de la recherche de vulnérabilités, qui réduit drastiquement le délai entre la découverte d’une faille et son exploitation ; l’exploitation industrielle d’identifiants volés, testés en masse sur les messageries, accès distants et services cloud ; et l’ingénierie sociale, jusqu’au vishing avec des voix générées par IA imitant des dirigeants pour exiger des virements urgents.
Répondre à la vitesse des machines
« Un attaquant capable d’exécuter des milliers d’actions par jour ne peut pas être contré par une défense à vitesse humaine », souligne Vincent Nguyen. « Mais il ne s’agit pas de choisir entre les personnes et la technologie : les entreprises ont besoin de collaborateurs formés, soutenus par des systèmes de défense eux aussi alimentés par l’IA. »
Les fondamentaux restent la première ligne de défense : patching rapide, authentification forte et formation régulière des collaborateurs. Les services de défense managée (MDR, Managed Email Security) y ajoutent une surveillance continue des postes, serveurs, Active Directory, cloud et messageries.
Stoïk applique la même logique en interne. Le triage assisté par IA distingue les vraies menaces du bruit de fond, et lorsqu’une alerte exige une investigation, l’IA aide à interpréter le contexte et à orienter les étapes suivantes. Grâce à ces flux de travail, le CERT de Stoïk traite environ 150 dossiers par mois, et plus de 30 spécialistes de la réponse à incident sont mobilisables 24h/24 et 7j/7. Chaque conclusion produite par l’IA est toutefois relue et vérifiée par les experts du CERT.
« L’IA continuera d’amplifier la cybercriminalité, mais elle renforce aussi notre capacité à réduire les vulnérabilités, trier les alertes et intervenir avant qu’un incident ne s’aggrave », conclut Vincent Nguyen. « Les organisations les mieux préparées seront celles qui combinent des collaborateurs formés, une sécurité appuyée par l’IA et une réponse humaine experte.”


